God of War est une série particulière. Sorte de symbole de la Playstation 2 au même titre qu’un Halo (ou presque), son arrivée sur la portable de Sony est un évènement. Si les rumeurs de portage sur la PS2 sont maintenant écartées, c’est pour fournir à la PSP l’un de ses tous premiers jeux d’envergure, un jeu consistant qui rappelle enfin les consoles de salon. Il était temps pour cette machine qui à du mal à convaincre.
Une préquelle bien sanglante
Se déroulant 10 ans avant le premier God of War, cet épisode vous permettra de percer les mystères de la vengeance de notre héros, vous aurez d’ailleurs quelques choix diaboliquement impossibles à faire et même si l’histoire reste en arrière plan, cet épisode permet de trouver, surtout pour les fans, certaines clés de compréhension. Il ne faut toutefois pas s’attendre à un roman et le principal n’est pas là.
Chain of Olympus se pose dès le départ comme le plus beau jeu de la PSP, rien que ça. Tout commence par des décors immenses, des monstres mesurant souvent plusieurs mètres de haut et une fluidité à toute épreuve. Le jeu se paye le luxe de se passer de temps de chargements pour que la hargne du personnage puisse s’exalter sans heurt. De salles immenses en temples démesurés, il est facile d’applaudir le travail de composition des développeurs. On peut y admirer quelques effets jusque là inédits à la console, notamment des reflets sur le sol magnifique, chaque scène surclassant la précédente pour fournir au titre une aura particulière et la sensation d’avoir dans la main, tout, sauf un jeu de portable.

Les contrôles ont admirablement été adaptés et l’absence d’un second stick analogique ne se fera plus sentir au bout de quelques minutes puisque l’astuce pour le remplacer est bien trouvée. Pour le reste, les contrôles répondent sans soucis, Kratos se manie très facilement et les contrôles restent très proches de l’épisode PS2. Si le jeu copie ses aînés en ce qui concerne les ennemis à affronter, avec les classiques harpies, soldats foutus d’avance, cyclopes, méduses et autres créatures de la mythologie grecque, les armes disponibles ont quant à elles été revues afin de fournir des combats propres à l’épisode. Avec des lames du chaos qui gardent toute leur importance, de nouveaux pouvoirs et une nouvelle arme font leurs apparitions. Vers la fin du jeu, le joueur pourra se servir du « gantelet » de Zeus, énorme poing au pouvoir de destruction immense qui deviendra vite votre nouveau joujou favori. Du côté des pouvoirs, le magnifique Efreet, déjà aperçu dans des vidéos de gameplay, sera épaulé par des ajouts haut en couleur et souvent utiles suivant les situations.
Un GOW aminci
Si tout paraît parfait, comme la musique toujours aussi bonne, les effets de sang bien présents et l’ambiance fidèle à la saga, il n’empêche que ce nouvel opus pêche par des défauts sans doute imputables au format et il n’atteint donc pas la perfection des ses aînés. Tout d’abord l’aventure est relativement courte, 6 ou 7 heures, et malgré les quelques challenges en arène proposés et la possibilité de refaire le jeu dans une difficulté supérieure, le tout est relativement court si on le compare aux autres. Ce minimalisme qui ne nuit finalement pas trop au titre se retrouve dans les énigmes, qui font plus de la figuration qu’autre chose mais qui restent agréables et permettent d’alterner avec la violence et le rythme endiablé des combats. Tout sera parfaitement naturel pour les habitués du genre.

Le manque de boss durant le jeu pourra aussi décevoir les fans de la première heure. Au nombre de deux en tout et pour tout, ceux-ci sont particulièrement impressionnant et sympathiques à vaincre mais le reste du titre est composé de sorte de « sous boss » sans barre de vie et un peu plus résistant que la moyenne. L’un des points les plus gênants du titre tient en fait à sa progression qui se veut de plus en plus linéaire au fil du temps. Si God of War n’est pas un exemple de liberté de mouvement, le joueur se retrouvera parfois, surtout vers la fin, dans des successions de salles typées arène où il devra abattre un nombre d’ennemis définis avant de pouvoir continuer. Il entrera alors dans une autre salle ou de nouvelles crapules l’attendront et ainsi de suite … Frustrant, cet assemblage de copier-coller est heureusement peu présent mais il reste en mémoire.

Pour le reste, le jeu impressionnera tous ceux qui auront la chance de l’avoir dans les mains. Techniquement le jeu est parfait, toujours fluide, jamais prit à défaut, il assure en plus un fun toujours présent. Si vos pouces risquent d’avoir mal à cause du placement du stick gauche, de courtes séances de jeu n’apporteront que joie et plaisir… plaisir de charcuter sans jamais frustrer plus que de raisons. L’aliasing bien présent démontre les limites de la machine tout comme l’absence de scène « off » qui permettait de varier le gameplay dans les précédents chapitres.
God of War : Chain Of Olympus est un putain de bon jeu, rien que ça. Avec une assurance rarement vue, Ready At Dawn propose ici le plus beau jeu de la machine. Sans temps de chargements, sans ralentissement, avec un aliasing présent mais pas gênant, le respect est de mise. Toujours très sanglants, les assauts de Kratos se gratifient de techniques inédites et varient l’ensemble pendant la courte aventure. Rarement un titre PSP ne m’avait semblé si abouti, si « complet », proposant un contenu construit et formant un tout homogène et attirant. Fini le temps des petits jeux sans envergure, Sony prouve avec ce titre que l’on peut, quand on veut !
| PLUS | MOINS |
Techniquement, c’est très proche du sans faute Kratos, toujours aussi classe et sans pitié Heureusement, on nous propose des techniques de combats inédites Les musiques agréables et dans le ton, tout comme les bruitages On reviendra sur le titre plutôt deux fois qu’une. |
Le jeu se révèle très court et les bonus ne permettent pas d’augmenter de beaucoup la durée de vie. Un copié-collé d’arène en arène frustrant vers la fin du jeu. Des énigmes et une exploration bien moins présentes que dans les opus PS2.
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Techniques
Jamais vu plus beau. Effets en tous genres, reflets au sol, passerelles de flammes qui apparaissent sous les pieds, environnements monumentaux… Le jeu s’en tire avec tous les honneurs et ceci sans chargements ni ralentissement. Un coup de chapeau. L’aliasing est peu gênant.
Jouabilité
Le seigneur de guerre Kratos se manie avec une telle simplicité que cela en deviendrait presque frustrant. L’absence du stick est oubliée, les combos et les enchaînements destructeurs sortent très facilement. Du tout bon.
Musiques
Les différentes musiques, peu nombreuses au final sont très réussies et reprennent beaucoup aux volets précédents. Les bruitages sont de qualités et l’ambiance générale fait dans le grand spectacle. Malgré une certaine répétition, le travail est très bien rendu.
Durée de vie
Le seul point noir du titre. Avec une durée de vie ne dépassant pas les 8 heures on est en droit d’être déçu. Les fans recommenceront l’aventure plusieurs fois pour augmenter la difficulté et tout le monde touchera aux défis, peu nombreux. Mais cela reste léger et on reviendra sur le titre de temps en temps pour se détendre le cerveau.
Scénario
Difficile de mettre une note représentative. Les fans seront aux anges de découvrir une préquelle qui permet de mieux comprendre la saga dans sa globalité. En elle-même, l’histoire est présente mais ne soulèvera pas les foules.
NOTE FINALE
L’un des tous premiers « vrai » jeux de la PSP. Avec un concept loin d’être novateur, le studio de développement a réussi à fournir un titre plein de vie, rapide à prendre en main, jouissif et magnifique. Si ce n’est sa durée de vie ou la répétitivité de l’ensemble, on touche du doigt ce que l’on à toujours voulu voir sur une PSP qui nous promettait dès le départ monts et merveilles. Avec Patapon, et le futur Crisis Core, 2008 sera peut être l’année de la belle. Pour 40 €, l’aventure vaut le détour !