De prime abord, oubliez les clichés du téléfilm mettant en scène la pauvre petite étudiante enceinte, avec pour unique cadre un lycée stéréotypé et des footballeurs entourés de pom-pom girls. "Juno" possède une véritable richesse, autant par son originalité que pour le jeu époustouflant de Junebug McGuff, alias Ellen Page.

Plébiscité par plusieurs festivals et trois décorations plus tard, "Juno" arrive dans nos salles avec un réel vent de fraîcheur.
Pourtant lorsque l'on prend connaissance du scénario, on pourrait se dire, et se serait justifié, "oh non, pas encore".
Il est vrai que l'histoire parait assez banale, et j'étais moi même relativement sceptique à l'idée d'aller le voir (en VOST, soi dit en passant). Et pourtant, je me suis régalé.
Le film, découpé en plusieurs "chapitres", commençant et se terminant au début et à la fin de chaque saisons de l'année, nous relate la vie d'une jeune fille qui se découvre enceinte et qui, renonçant à l'avortement, se met en quête du couple idéal pour le futur nouveau-né.

Et s'il y a bien quelque chose de sûr, c'est que l'on ne s'ennuie pas un seul instant. Les multiples péripéties de Juno nous amènent à rire, réfléchir et même à avoir cette petite boule naissante en travers de la gorge.
Ce qui charme, ce sont les couleurs, vives et chaleureuses, presque "enfantines" par moments, qui sont là comme pour nous rappeler que derrière ce thème grave ne se cache jamais qu’une ado pour qui tout va trop vite.
Malgré cela, certains moments font preuve d’un peu trop de naïveté. Ces quelques instants cassent un peu le rythme auquel nous sommes soumis, mais n’entachent en rien les qualités certaines que possède le long métrage de Jason Reitman.

Mais s'il est un facteur de la réussite de ce film, c'est bien l'interprétation de la toute jeune Ellen Page, réellement spontanée et touchante. Jamais je n'avais vu de larmes si chaudes, si sincères dans quelque film que ce soit, et rarement un dialogue n'a semblé couler de source à ce point.
Et si seulement elle était la seule à si bien jouer. Car c'est la plupart des acteurs et actrices présents dans ce film qu'y nous immerge dans la vie de "Juno", à la fois simple et tellement complexe.
Outre la bouille d'ange d'Ellen Page, c'est aussi le franc parlé de son personnage qui nous séduit avec un langage parfois ordurier, souvent grossier, mais toujours juste ce qu’il faut pour ne pas lasser le spectateur. Mais rien n'est parfait, et les phrases sont parfois trop longues, trop lourdes et sonnent un peu moins bien à l’oreille. Sachez malgré tout que c’est un cas extrêmement rare, et nous n’en tiendrons donc quasiment pas rigueur.
Mais une question se pose: ce langage, propre au film et qui lui donne un cachet certain, sera t-il aussi présent dans la version française (rappelons que j'ai visionné le film en VOST), ou bien les "tirades" seront-elles revues un ton plus bas ?
Avec toutes ses qualités et ses quelques défauts, "Juno" est donc une très agréable surprise. Bijoux d’humour noir et pince-sans-rire, ce long métrage de Reitman mérite bien ses multiples décorations. Ellen Page s’en sort avec une facilité déconcertante et nous offre ainsi un film à voir dès que l’occasion se présentera à vous.
Scénario
Un scénario simple, mais qu’aurait-on pu lui demander de plus, pour ce style de film ? La mise en scène arrive cependant à mettre cette trame plutôt simpliste en valeur.
Image
Des images colorées, chaudes et vives que la réalisation arrive à mettre en scène avec une réelle adresse. Ce pari "original" était quelque peu risqué, mais il a fait mouche.
Acteurs / Actrices
Les acteurs, de premier ou de second plan, ont tous été choisis avec beaucoup de soin et remplissent parfaitement leurs rôles, avec, notamment, la découverte de la toute jeune Ellen Page, une actrice à suivre.
Sons et Musique
Pour les voix en VO, vraiment rien à redire mais pour la VF, ça reste à voir. Sans cela, les bruits sont bien rendus et les musiques très bien choisies.
NOTE FINALE
"Juno" est un film dans la lignée de "Little Miss Sunshine", mais a pourtant sa propre marque. Son originalité et sa légèreté font de ce film une valeur sûr. On ne s’ennuie pas un seul instant avec Ellen Page et on s’accroche facilement à ce petit bout de femme, sincère et touchante.
"Juno" nous prouve incontestablement que le cinéma indépendant a encore pas mal de ressources et de bien beaux jours devant lui.